Le géant japonais répond à la concurrence croissante de l’iPod et autres smartphones.

Après la DS, la PSP, la Xbox et autre Wii, la nouvelle console de jeux vidéo appelée à devenir le dernier «must have» des teenagers s’appelle «DSi». Présentée hier à Tokyo par le géant japonais Nintendo la DSi ressemble à sa petite sœur la DS Lite, mais elle est en plus équipée de caméras à l’avant et à l’arrière, ainsi que d’un lecteur audio.

Commercialisée en versions noire et blanche dès le 1er novembre au Japon au prix de 125 euros, elle arrivera en Europe en 2009.

C’est en tout cas une nouvelle étape dans la saga Nintendo, inventeur génial à la fin des années quatre-vingt de la GameBoy, vendue à plus de 100 millions d’exemplaires dans le monde. Le roi du jeu vidéo a continué à surfer sur le succès avec le lancement fin 2004 de sa famille de consoles DS, écoulée à plus de 77,5 millions d’unités. Sans oublier, fin 2006, le lancement de la Wii, une console de salon qui révolutionne le genre avec sa télécommande basée sur la détection de mouvements en lieu et place de la manette traditionnelle.

En proposant cette nouvelle mouture, deux ans et demi après la précédente DS Lite, Nintendo poursuit toujours le même objectif : «Une console par personne.» Au chapitre des nouveautés, la DSi, capable de se connecter à Internet et de communiquer avec ses pairs, permet de réaliser des mini-animations à partager. Elle permettra de télécharger des jeux simples sur une plate-forme dédiée en ligne. «La possibilité de prendre des photos et la fonction de lecture audio ne sont pas là pour concurrencer le téléphone portable polyvalent mais pour servir de support à de nouveaux jeux photographiques et sonores», affirme le PDG de Nintendo, Satoru Iwata.

Un marché multiplié par quatre

Pour autant, la DSi est aussi une manière pour Nintendo de défendre son pré carré face à la montée des smartphones. Ces téléphones intelligents, dotés de fonctions de plus en plus riches (télévision, MP3, jeux vidéo, GPS…), s’ils ne concurrencent pas les consoles de salon, menacent en revanche directement les consoles de jeux portables. « Les ventes d’appareils photo et de caméras sont en baisse, car ces outils sont intégrés désormais dans les téléphones mobiles. De même les smartphones vont pouvoir cannibaliser une partie du marché des consoles portables  », indique Jean-Pierre Champion, PDG de The Phone House.

«C’est une manière de répondre à l’iPod d’Apple et aux smartphones qui viennent vers le jeu» , confirme Tristan Bruchet, analyste chez GfK. Nintendo dispose d’une très forte crédibilité que nombre de ses rivaux n’ont pas acquise.

«Nintendo a des jeux qui lui sont propres alors que les autres font appel à des tiers. Mario reste ainsi la licence la plus vendue au monde. C’est une vraie force », observe Tristan Bruchet.

Reste que le marché des consoles portables, qui ne se sont jamais autant vendues, aiguise les appétits. Selon GfK, ce marché a été multiplié par quatre depuis 2004, pour atteindre 434 millions d’euros en France en 2007. Il devrait encore croître cette année à environ 470 millions d’euros.

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