La somme de toutes les peurs

  Si vous avez vu le film The Island, vous avez été peut-être marqués par la foule de technologies qui encadre les hommes et femmes, comme la possibilité de vérifier le rythme cardiaque à distance, la pression sanguine, ou encore l’analyse urinaire en allant simplement aux toilettes. Et pour ceux qui ont vu « Bienvenue à Gattaca », les liens entre métabolisme physique et réussite professionnelle sont apparus très clairement.

 

 

Ce ne sont que des exemples, mais Microsoft vient de provoquer un grand émoi chez les associations de défenses civiles après la révélation d’un brevet qui fait naître bien des peurs. Le brevet en question parle d’un système relié à un ordinateur capable de mesurer à distances des variables telles que :

  • Le rythme cardiaque
  • La pression sanguine
  • Les expressions et mouvements du visage
  • La température du corps
  • Les mouvements
  • L’activité cérébrale
  • La respiration

Globalement, c’est donc une machine conçue pour mesurer sous différents aspects le métabolisme d’une personne. Mais le brevet précise en fait un contexte, celui d’un employé dans une entreprise. Le système serait raccordé à une console de surveillance et de gestion.
Dans la pratique, une telle infrastructure dans une entreprise permettrait à un responsable de surveiller la santé et plusieurs paramètres de ses employés. Il pourrait tout à fait recevoir par exemple une alerte quand l’un deux présente des lignes d’expression faciale indiquant une déprime/dépression, un rythme cardiaque indiquant un niveau élevé de stress, etc.
Une intrusion dans la vie privée qui, pour le Britain’s Information Commissioners Office, risque de porter la surveillance au travail à un niveau inédit. Il est clair qu’un tel système pourrait provoquer des dérives conséquentes, avec de nouveaux paramètres qui entreraient en jeu pour obtenir/garder un poste. Les associations de défense craignent que les employés ne perdent leur emploi à la suite de ces données relevées par un ordinateur.
Ce n’est pas nécessairement le but premier du système qui, selon le brevet, doit permettre de répondre à une détresse physique par les moyens adaptés, tout du moins une assistance. Le brevet a été accepté le mois dernier, après une période d’examen de 18 mois. Horacio Gutierrez, responsable de la propriété intellectuelle chez Microsoft, a indiqué que chaque brevet ne donnait pas toujours naissance à un produit fini. Beaucoup seraient en effet mis de côté pour un éventuel emploi dans le futur.

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