Tous les ingrédients dignes d’un James Bond de seconde zone étaient au rendez-vous : prenez Li Li, une jeune étudiante chinoise de 22 ans, inscrite à l’Université de Technologie de Compiègne. Mettez-la en stage chez Valeo, célèbre équipementier automobile.
Ajoutez un contexte d’espionnage industriel en provenance de République populaire de Chine, et piloté depuis la Belgique. Couronnez le tout par des fichiers retrouvés chez elle et qualifiés par le P.D.G. de Valéo lui-même de documents qui ne sont pas « à sa connaissance (…) à haut risque ». Tous ces faits se sont déroulés en 2005 et ont causé un sacré pataquès médiatique.
Une page de soutien mise en ligne par ses collègues étudiants exposait à l’époque que « Li Li n’a pas de formation d’informaticienne. Elle suit en effet des études en Génie des Systèmes Mécaniques. Comment aurait-elle pu déjouer la sécurité puis pirater le système informatique de Valéo ? L’hypothèse la plus probable est qu’une telle protection n’existait pas et qu’elle possédait le droit (informatique) de prendre ces fichiers ».
Li Li fut malgré tout mise en examen pour « intrusion dans des systèmes automatisés de données » et « abus de confiance » et incarcérée 53 jours. Son procès s’est ouvert aujourd’hui à Versailles et il s’agira de déterminer s’il y a eu ou non espionnage et piratage. Dans la négative, une simple faute professionnelle pourra être retenue, relativisée par son statut de stagiaire.
Selon l’AFP, Li Li a toujours nié les accusations. Elle a expliqué avoir procédé à un transfert de données par disque dur externe vers ses machines personnelles, alors que celle de Valéo était saturée. L’entreprise demande aujourd’hui 150 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte à son image de marque.

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